Fissures et sécheresse : retrait-gonflement des argiles et catastrophe naturelle
Pourquoi les sols argileux fissurent les maisons, comment vérifier l'exposition de votre commune sur Géorisques, et comment fonctionne l'indemnisation au titre des catastrophes naturelles.
Un sol qui « respire »
Selon Géorisques, un sol argileux est très sensible à sa teneur en eau : il se rétracte en période sèche et gonfle en période humide. Ces variations de volume provoquent des tassements différentiels sous les constructions, qui peuvent se traduire par des fissures et, dans les cas les plus graves, rendre une maison inhabitable.
Ce phénomène est appelé retrait-gonflement des argiles (RGA).
Vérifier l'exposition de votre commune
La carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles est consultable gratuitement sur Géorisques, à partir d'une adresse. Géorisques indique une mise à jour de cette carte en janvier 2026. Une exposition moyenne ou forte ne signifie pas que les fissures de votre maison viennent du sol, et une exposition faible ne l'exclut pas : seul un diagnostic permet de le dire.
Lorsque le rôle du sol est en question, un diagnostic géotechnique peut compléter l'examen de la structure.
Limiter l'aggravation
Le ministère de la Transition écologique recommande notamment, pour limiter les variations d'humidité du sol près des fondations :
- d'éloigner les eaux de pluie des façades (descentes de gouttières, trop-plein des cuves de récupération) ;
- de rechercher et réparer les fuites des canalisations enterrées ;
- d'entretenir la végétation proche de la maison et, si un arbre est trop proche, d'envisager un écran anti-racines ;
- de protéger le sol autour de la maison, par exemple par un trottoir périphérique imperméable.
Ces mesures sont générales : faites-vous conseiller par un professionnel avant d'engager des travaux, notamment sur les arbres et le drainage.
L'indemnisation au titre des catastrophes naturelles
Les dommages causés par la sécheresse peuvent être indemnisés au titre de la garantie catastrophe naturelle (Code des assurances, articles L.125-1 et suivants), à deux conditions :
- vous disposez d'un contrat d'assurance couvrant les biens endommagés (par exemple une multirisque habitation), qui inclut automatiquement cette garantie ;
- un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour votre commune et pour la période concernée est publié au Journal officiel.
D'après service-public.gouv.fr :
- c'est la commune qui demande la reconnaissance, en général dans un délai de 24 mois après l'événement : signalez vos dommages à la mairie ;
- après la publication de l'arrêté, vous déclarez le sinistre à votre assureur au plus tard 30 jours après cette publication, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception ;
- une franchise spécifique s'applique aux dommages liés à la sécheresse.
L'assureur peut missionner un expert. La reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ne garantit pas, à elle seule, la prise en charge de vos dommages : celle-ci dépend notamment du lien entre la sécheresse et les désordres constatés. En cas de difficulté, rapprochez-vous de votre assureur, puis, si besoin, d'un professionnel du droit.
En résumé
- Documentez les fissures (photos datées, repères) et signalez-les à la mairie et à votre assureur.
- Surveillez leur évolution sur plusieurs saisons : voir notre guide sur le suivi des fissures par jauges.
- Faites examiner le bâtiment par un professionnel en cas de doute ou d'aggravation.